Les travailleurs exigent la signature du décret de nomination

http://www.lequotidien.sn/images/stories/actualites/abass_ndao.jpgLe Qotidien : A L’hôpital Abass Ndao n’est pas encore sorti de la léthargie dans laquelle il se trouve. Souffrant d’un manque de management, l’intersyndicale des travailleurs de cette structure sanitaire demande au président de la République de signer le décret portant nomination du directeur de l’Hôpital. Par ailleurs, cette même intersyndicale dénonce la création d’un nouveau laboratoire au centre Marc Sankalé.

Ils ont patienté, mais rien. Ils, ce sont les travailleurs de l’hôpital Abass Ndao qui, depuis quelque temps, réclament un chef et un manager pour leur structure. Ainsi, l’accalmie qui prévalait au niveau de l’hôpital depuis qu’il est érigé en Etablissement public de santé (Eps) risque de céder, du fait de la non signature du décret portant nomination du directeur de l’hôpital.
L’intersyndicale des travailleurs de l’hôpital Abass Ndao, qui faisait face à la presse dans l’enceinte de l’établissement sanitaire, s’insurge contre cette attente et demande à ce que le président de la République signe ce décret, dans la mesure où la procédure est dans un bon circuit. «Les autorités, en l’occurrence le ministère de la Santé et le président du Conseil d’administration de l’hôpital (le maire de Dakar) sont tombés d’accord sur la procédure de nomination du directeur. Actuellement, le projet de décret est sur la table du président de la République. Il doit le signer pour mettre fin à cette anarchie», s’insurge la porte-parole de l’intersyndicale, Ndèye Diakhaté, qui poursuit que le cumul de fonctions du directeur intérimaire crée des dysfonctionnements à l’hôpital. «Le problème majeur tourne autour d’une absence d’autorité et d’un manque de management. Car, l’actuel intérimaire est en même temps Secrétaire général de la ville de Dakar. Ce cumul de fonctions entraîne forcément un dysfonctionnement quelque part et, malheureusement, cela tombe sur l’hôpital», ajoute-t-elle. Face à ce problème, l’intersyndicale estime que «si la situation n’est pas réglée le plus rapidement possible par l’autorité compétente, cela risque de nous mener vers un bras de fer».
L’autre grief soulevé par les travailleurs de l’hôpital Abass Ndao, c’est l’ouverture d’une unité de laboratoire  du centre Marc Sankalé par le professeur Saïdou Nourou Diop au sein même de l’hôpital, surtout que l’hôpital lui-même dispose «d’un centre de laboratoire bien organisé». Ainsi, elle se demande l’utilité de la création de ce nouveau laboratoire.
L’intersyndicale a aussi évoqué le détournement de fonds au sein de l’association de l’hôpital. Dr Amadou Ndiaye de s’interroger là-dessus : «Comment une association peut-elle gérer une activité médicale génératrice de recettes au sein d’un Etablissement public de santé et encaisser cet argent, alors que la réforme hospitalière confie cette responsabilité pécuniaire à l’Agent comptable particulier (Acp).»
A propos du nouveau laboratoire, Dr Ndiaye parle de non respect de la procédure pour ouvrir un laboratoire. «Le professeur Saïdou Nourou Diop ne peut pas se lever en 2010 pour créer un laboratoire de recherches», d’après ses dires. «Là aussi, il y a une procédure parce que c’est le Conseil d’administration qui valide après sa soumission à la direction, si c’était pour la création du laboratoire public. La création d’un laboratoire privé obéit à une certaine procédure inhérente à la Direction de la pharmacie et des laboratoires. Parce que pour avoir un laboratoire, tu dois avoir 4 Certificats d’études spécialisées (Ces) sur 5 fixés par décret. Le Ces d’immunologie, de bactériologie, de parasitologie, de biochimie et d’hématologie. Donc, sur ces 5 Ces, il n’a pas les 4 demandés pour ouvrir un laboratoire privé», affirme Dr Amadou Ndiaye.

Par Mamadou S. GACKO