Le débat sur le discours de fin d’année du chef de l’Etat à la Nation n’a point eu d’effet sur la célébration du Ribidion à la Place de l’Obélisque. Les vendeurs de pétards avaient déjà pris position. Le public a été au rendez-vous pour passer un soir de Saint sylvestre en sons et en lumières. Par Birame FAYE
A moins de deux cent mètres, on se perd entre des rafales de pétards et des sonorités de salsa. Les uns sont assurés par le public et la musique par les maestro de salsa à la Place de l’Obélisque de Dakar. Une ambiance à deux vitesses qui trouve une seule justification en cette soirée de 31 décembre : le réveillon. La Place de l’Obélisque a été prise d’assaut dès la tombée du soleil par des badauds.
En couple comme en solo, nombre d’entre eux préfèrent se mettre à l’écart de la foule les yeux rivés vers la scène où Amy Mbengue se déhanche posément à la recherche de la communion du public. Malgré la puissance sonore, les bombes artificielles semblent damer le pion aux prestations des artistes. Ceci, au grand bonheur des marchands ambulants. Ils se faufilent à travers la masse, scandant les prix des pétards à la portée de toutes les bourses. Derrière une rangée composée de vendeurs de café, une meute d’enfants non captivés par la musique, fait exploser des pétards à tout bout de champs. Le bruit nourri de certains des artifices suscite le changement de position de bon nombre de spectateurs venus suivre leur idole, Pape Diouf. «Le jeu des enfants risque de déborder. C’est assez dangereux», avertit Moustapha Cissé, un habitant de la Gueule Tapée. Mines fermées, les forces de l’ordre visiblement moins inquiétées par les explosions et le vent frais, patrouillent d’un endroit à un autre. C’est au tour d’une dame venue accompagnée ses deux filles de rassurer en pointant du doigt avec étonnement le simulacre de feu qui tombe sur la chaussée : «C’est toujours comme ça.» Cette dernière renseigne, par la suite, d’un incendie survenu la veille aux Hlm, provoqué par pétards.
Les automobilistes ralentissent devant les enfants. Certains en profitent pour jeter un coup d’œil sur le podium alors que le leader de la Génération consciente tient le public en haleine en exécutant le morceau Partira qu’il ponctue avec Yarru, un titre sorti à ses débuts avec le groupe Lemzo Diamono. Mais l’attention est portée sur un malade mental qui ne cesse de danser en marquant le pas. Au moment où un groupe de filles soigneusement habillées se moque de sa loufoquerie, des éclats de pétards s’abattent sur ces dernières. Ainsi surgissent des cris de dépit qui viennent s’ajouter à la levée de la poussière. Il est 23h lorsque Pape Diouf remercie le public. Il s’en est suivi un long moment de répit. Néanmoins, les explosions de pétards s’accentuent dans le ciel. L’air devient densément pollué. D’aucuns font recours à leurs mouchoirs le temps que Mc Simon monte sur scène accompagné de ses alliés de groupe Sen Cumpa. C’est au tour du rap de réitérer sa capacité de surchauffer la foule jusqu’à une dizaine de minutes avant minuit. Le moment choisi par le présentateur pour rappeler la suite du programme du Ribidion. Place au Reggae.
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